Uvira : un mort et plusieurs blessés lors d’une manifestation contre le général Olivier Gasita

Une manifestation organisée ce lundi 08 septembre par des organisations de la société civile et des mouvements citoyens à Uvira a dégénéré, faisant un mort et plusieurs blessés, dont des enfants, selon les sources locales et militaires.

Partis du rond-point Kavimvira, les manifestants ont marché jusqu’à la mairie où ils ont remis un mémorandum au maire intérimaire, Kifara Kapenda Kyky. Le document exige le départ du général Olivier Gasita, commandant adjoint de la 33ᵉ Région militaire basé à Uvira.

D’après Freddy Mudeba, coordinateur adjoint de la Nouvelle Société Civile (axe Sud-Kivu), les contestataires accusent l’officier d’avoir facilité l’entrée du M23-AFC à Bukavu, d’avoir ordonné des tirs contre des éléments Wazalendo à Kindu, ainsi que d’être impliqué dans des massacres de civils.

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La situation s’est tendue lorsque le cortège s’est approché du bureau du secteur, situé à quelques mètres de la mairie. « Les militaires ont tiré à balles réelles pour nous disperser. J’ai vu deux corps étendus et un blessé derrière moi », témoigne un manifestant qui a préfèré garder l’anonymat.

Dans un communiqué, le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, porte-parole du secteur opérationnel Sokola II Sud, fait état d’un enfant tué et de neuf blessés : quatre militaires et cinq civils. Le texte appelle la population au calme et à ne pas céder aux « manipulations ni aux fausses informations ».

Pour sa part, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, a rappelé lors d’un point de presse tenu le 6 septembre à Kinshasa que l’armée garde sa confiance envers le général Gasita. « Jusqu’à preuve du contraire, il reste commandant adjoint chargé des opérations et du renseignement de la 33ᵉ Région militaire », a-t-il affirmé, ajoutant qu’« un militaire n’appartient pas à des communautés, il est au service de la nation toute entière ».

Malgré ces assurances, une partie de la population d’Uvira continue de rejeter la présence du général Gasita, perçu par certains comme un symbole des dysfonctionnements sécuritaires dans cette entité. Les acteurs de la société civile, eux, promettent de maintenir la pression jusqu’à obtenir le départ du général Oliver Gasitaa.

La tension reste vive dans cette cité frontalière, régulièrement secouée par des contestations populaires sur fond de conflits armés et de méfiance vis-à-vis des autorités militaires.

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