“Elengielengi, Chigaka anakuya, kuleta ma nyonyo, Kiangarisha bébé mu tumbu, mukubwa ya Meza, bababo, grand prêtre, kivunja homa, 72e communauté, mwana mupotevu, agneau pascal” tels sont les surnoms collés à la Bière Primus, une ancienne production de la brasserie de limonade rie et malt (Bralima).
Après près d’une année de fermeture et du pillage de l’usine de la Bralima basé à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, lors de la prise de la ville par les éléments de l’AFC/M23, la bière Primus a été produite et vendue encore une fois le 21 janvier 2026 à Bukavu par la société BDGL (Bière dess GrandsLacs ).
Ce retour a été ovationné par plusieurs consommateurs qui attendaient sentir encore une fois la saveur de cette bière devenue symbole culturelle.
“Je me sens non seulement heureux mais aussi apaisé. J’attendais avec impatience le retour de notre bière Primus et la voici dans ma main après une longue attente. Au début je me retenais de prendre d’autres qualités, j’avais du mal à m’adapter mais après un temps j’ai commencé à consommer des bières étrangères à contrecœur. Aujourd’hui je peux maintenant revenir à mon goût initial” témoigne Jean-claude. Motard de son état retrouvé assis sous parasol sirotant calmement sa bière Primus à la place Ancienne Coopérative.

Quelques minutes après l’ouverture de la première bouteille par la BDGL le 23 janvier 2026, toutes les plates-formes numériques ont inondé des images montrant des bouteilles de la bière Primus et des verres avec une fraîcheur de la mousse qui coule élégamment de l’extrémité vers le fond.
Pour certains Bukaviens , la Primus a dépassé l’étape d’être une simple boisson, c’est plutôt une identité culturelle, un symbole d’unité et de partage dans la sous région des grands Lacs.
“La Primus symbolise l’unité et la culture dans la région des grands Lacs. Quand on parle autour de la Primus nous renforçons la cohésion sociale entre nous.” A lancé Alain Karamu, jeune Bukaviens.
Après la dégustation, certains fans de Cigaka, ont estimé que c’est l’entreprise qui a changé mais le goût est resté identique à plus de 90%.
C’est ce que révèle d’ailleurs ce message de Patrick Zeze, analyste indépendant et l’un des jeunes protecteurs de la Primus.
“Elle est là !
Alors, on a testé la nouvelle PRIMUS… et pour être honnêtes, on n’a pas eu de grande surprise. La bouteille est toujours la même (72 CL, fidèle au poste), le prix n’a pas bougé d’un poil, et on se retrouve bien avec la PRIMUS qu’on connaît… ou presque.
Le goût est là, mais… disons que c’est comme une belle chanson à 90% de la perfection. Il manque juste ce petit truc en plus qui la ferait vibrer comme avant. Alors oui, un peu de travail sur la recette, peut-être ? Une petite dégustation intensive et on pourrait leur dire exactement quel ingrédient refaire chanter pour que la magie opère à 100% et qu’on retrouve cette PRIMUS qu’on aime tant. En tout cas, bravo à la société BDGL pour leur travail ! C’est pas facile de garder une bière au top, et là, c’est presque parfait. À quelques ajustements près, on y est” a-t-il publié sur sa page Facebook.
Bien que la plus part trouvent du retour de la bière Primus une victoire, un moment de réjouissance ou une raison valable d’oublier ses maux, dautres pensent que la population devrait se rappeler aussi des méfaits de la consommation excessive et se concentrer sur le relèvement communautaire, la lutte pour le retour de la paix, l’ouverture des banques et d’autres défis sociaux que les communautés font face à l’Est de la RDC.
“Je me demande si la fin de la guerre, à son avènement, sera célébrée avant autant de liesse? Bukavu, ma chère ville, n’a-t-il que ça comme valeur?
Pourtant, ce n’est qu’une bière … Un produit dont les effets nocifs à la santé physique, et la stabilité des foyers, ne sont plus à démontrer. Pourquoi s’y attacher tant, au point de l’idolâtrer ? Dans une ville solidement encrée dans la foi chrétienne, la bière devrait-elle être célébrée avec autant d’émotion, telle l’apparition d’une divinité grecque antique ?
Loin de moi l’idée de méconnaître le côté positif de la réouverture de notre brasserie.
Moi-même je me sentais gêné par la quantité de produits brassicoles qui inondait le marché bukavien, en provenance des pays voisins.
Je suis également conscient que la reprise des activités de cette unité de production va positivement impacter la situation socio-économique d’une bonne frange de la population.
Mais aller jusqu’à diviniser la bière, cela relève d’un alcoolisme collectif pathologique: une véritable dépendance collective !
Après, on s’étonne que la consommation de ce produit (la PRIMUS) soit à la base de la dislocation des familles.
Que vous le croyiez ou non, dans cette bière, il y a un truc spirituel” à déclaré John Achiza, habitant de Bukavu.
Selon la tarification de publier par le service commercial de la Bière des Grands Lacs (BDGL), une bouteille de primus est vendue à 3800 FC brandis que la Super ebook et Turboking sont vendu à 4000 FC dans la zone Ville de Bukavu.
Certains habitant jugent ce prix exorbitant et non adapté vu le contexte actuel de la ville de Bukavu marqué par la fermeture des Banques et institutions de microfinance depuis près d’une année.
De l’autre côté certains fans de ce goût n’ont pas trouvé dans cette tarification une raison de lamentation vu la concurrence actuelle sur le marché et la qualité Supérieur de cette bière.
Rédaction