Alors que Kinshasa et Kigali s’apprêtent à conclure un accord à Washington, une source présentée comme proche des cercles de décision rwandais affirme que le Rwanda pourrait poursuivre la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, malgré les avancées diplomatiques annoncées.
Selon cette source, qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier, le Rwanda aurait déjà constitué d’importants stocks de minerais destinés à l’exportation. Ces cargaisons seraient en attente de la finalisation des arrangements économiques entre Kinshasa et Kigali.
« Le Rwanda n’attendrait que la signature de Félix Tshisekedi pour expédier la première cargaison vers l’Occident. Dès ce moment, Kigali s’estimerait en position de force et pourrait obtenir un soutien militaire renforcé de ses partenaires », affirme-t-elle.
La même source anticipe une recrudescence des affrontements dans l’est de la RDC, où les rebelles du M23, soutenus par Kigali selon plusieurs rapports internationaux, pourraient accélérer leur progression.
« Les rebelles pourraient avancer pour prendre plusieurs zones minières de la RDC, et la guerre pourrait se prolonger. L’objectif serait de consolider les territoires occupés jusqu’à les présenter comme une entité distincte du reste du pays, le temps de poursuivre l’exploitation des ressources », estime-t-elle.
Ces déclarations interviennent dans une situation marquée par la multiplication des offensives du M23 et les accusations répétées de Kinshasa contre le Rwanda, accusé de vouloir annexer des portions du territoire congolais sous couvert d’intérêts économiques.
La source conseille au président congolais Félix Tshisekedi de ne signer aucun accord sans obtenir au préalable le retrait total des forces rwandaises présentes sur le territoire national.
« C’est le seul moyen d’empêcher que la guerre ne continue. Tout bloque aujourd’hui parce que Félix Tshisekedi n’a pas encore signé l’accord, d’où l’impatience du président rwandais », poursuit-elle.
L’accord attendu à Washington devrait être facilité par plusieurs partenaires internationaux, soucieux de stabiliser durablement la région des Grands Lacs. Toutefois, les propos de cette source relancent les inquiétudes quant à la volonté réelle des parties d’engager un processus de désescalade.
En RDC comme au Rwanda, aucune communication officielle n’a encore confirmé ou infirmé ces allégations. Mais elles viennent renforcer la perception d’un conflit où les enjeux économiques, géopolitiques et sécuritaires s’entremêlent, au détriment des populations civiles qui continuent de payer le prix le plus lourd.
DM.