RDC : Amnesty International dénonce des crimes de guerre commis par le M23, les Wazalendo et les FARDC

Un nouveau rapport d’Amnesty International, intitulé « Ils nous ont dit qu’on allait mourir », dresse un constat accablant des violences perpétrées entre février et juin 2025 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’organisation y documente des exécutions sommaires, des viols collectifs, des disparitions forcées, des actes de torture ainsi que des attaques ciblant des hôpitaux, imputés au M23, aux groupes armés Wazalendo et, dans certains cas, aux Forces Armées de la RDC.

Selon Amnesty, le M23, soutenu par le Rwanda, a multiplié les arrestations massives de jeunes hommes à Goma et Bukavu, souvent suivies de disparitions forcées. Des témoins rapportent que des détenus ont été torturés ou exécutés. L’organisation affirme disposer de preuves de cinq exécutions sommaires, dont celles d’un père et de son fils dans le Sud-Kivu.

Les enquêteurs relèvent également au moins six attaques menées contre des hôpitaux de Goma et de ses environs. Des patients, des garde-malades et même des militaires blessés y ont été enlevés. Dans certains cas, des tirs à l’intérieur ou aux abords des établissements ont provoqué morts et blessés.

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Le rapport parle des viols collectifs commis par des combattants du M23, des Wazalendo et même des soldats congolais. Amnesty a recueilli le témoignage de 14 victimes, dont plusieurs ont décrit des viols en réunion accompagnés de menaces et d’humiliations. Certaines femmes ont été ciblées simplement parce qu’elles étaient soupçonnées de sympathie envers un camp adverse.

Des journalistes, des juristes et des défenseurs des droits humains ont également été victimes d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de tortures. Amnesty souligne que le M23 a parfois cherché à cibler spécifiquement les voix critiques, réduisant au silence toute contestation dans les zones qu’il contrôle.

L’ONG exhorte le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête sur ces crimes de guerre commis depuis 2022 dans l’est du pays. Elle appelle également la communauté internationale, les États-Unis, Union européenne, Union africaine à accentuer la pression diplomatique sur Kigali et Kinshasa afin que les auteurs de ces crimes rendent des comptes et que la protection des civils soit prioritaire.

« Le M23, les Wazalendo et certaines unités de l’armée congolaise se rendent coupables de graves crimes de guerre. La population de l’est de la RDC est prise en otage entre ces acteurs armés, sans recours ni protection », conclut Amnesty International.

Lire le rapport ici

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