Alors que les tensions persistent dans l’est de la République Démocratique du Congo, la ville d’Uvira devient le théâtre d’une nouvelle bataille de récits. L’organisation « Banyamulenge Global Advocacy » (B.G.A.) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de « mise en scène » humanitaire visant à justifier l’agression rwandaise sous couvert de protection des minorités.
Le retrait annoncé des forces de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, présenté par certains comme un geste de désescalade, est perçu d’un tout autre œil par les représentants de la communauté Banyamulenge résidant aux États-Unis. Dans un communiqué officiel daté du 21 janvier 2025, le président de la B.G.A., Charles Nteze, dénonce une manœuvre visant à instrumentaliser les populations civiles.
Selon le communiqué, les membres de la communauté Banyamulenge d’Uvira auraient été contraints par la force et l’intimidation à se déplacer vers Kamanyola en même temps que les troupes du M23. L’objectif recherché par Kigali et ses alliés serait de créer l’illusion que ces civils ne sont plus en sécurité sans la présence de groupes armés pro-rwandais, justifiant ainsi une occupation prolongée.
Le texte souligne un précédent historique inquiétant. En 2004, des manœuvres similaires à Bukavu avaient conduit au déplacement forcé des Banyamulenge vers le camp de Gatumba, au Burundi, où un massacre tragique avait eu lieu.
« L’histoire ne doit pas se répéter », préviennent les auteurs du texte. Ils craignent que ce déplacement forcé ne serve de prélude à de nouvelles exactions dans les hauts et moyens plateaux de Bijombo, Rurambo et Minembwe, lesquelles seraient ensuite injustement imputées à l’État congolais pour discréditer les forces loyalistes.
L’alerte dépasse les frontières congolaises. La B.G.A. a officiellement saisi le Sous-comité pour l’Afrique de la Chambre des représentants des États-Unis. Elle y dénonce l’existence de « réseaux de proxies » rwandais sur le sol américain, notamment à travers l’association Mahoro Peace Association.
Le communiqué accuse cette organisation d’avoir dévié de son mandat initial pour devenir un outil de propagande en faveur de l’AFC/M23. Des membres de cette association auraient été chargés de contacter les élus américains avec des scripts préparés par Kigali afin d’influencer les délibérations sur la paix en RDC, notamment dans le cadre des « Accords de Washington » sous l’administration Trump.
Face à ce qu’elle qualifie de « récits trompeurs », la B.G.A. réaffirme son soutien à l’unité nationale sous le leadership du Président Félix Tshisekedi. Elle insiste sur le fait que les Banyamulenges restés à Uvira aspirent à vivre en paix avec leurs compatriotes congolais et rejettent la « protection » fallacieuse offerte par les agresseurs.
La communauté internationale est désormais appelée à une « vigilance accrue » pour prévenir tout redéploiement stratégique des rebelles et pour s’assurer que la souveraineté territoriale de la RDC soit respectée, loin des manœuvres de diversion diplomatique et médiatique.