Aimé Boji Sangara succède à Vital Kamerhe, pilier de la majorité présidentielle et proche allié de Félix Tshisekedi. Ce dernier avait été contraint à la démission le 22 septembre dernier, sous la pression d’une pétition signée par 262 députés qui réclamaient son départ. La perte de confiance envers Kamerhe était largement attribuée à des tensions internes au sein de la coalition au pouvoir, l’Union Sacrée de la Nation, et à des critiques sur sa gestion de l’institution parlementaire.
Figure politique expérimentée, Aimé Boji Sangara a bâti sa carrière dans les hautes sphères de l’État. Ancien ministre d’État chargé du Budget pendant plus de trois ans, il occupait jusqu’à récemment le poste de ministre d’État chargé de l’Industrie dans le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa. Considéré comme un technocrate compétent, son nom circulait depuis plusieurs semaines comme le favori pour le perchoir.
Conformément à la Constitution congolaise qui intermit le cumul des mandats, il a présenté sa démission du gouvernement le 21 octobre dernier. Cette démarche lui a permis de retrouver son siège de député national, une condition indispensable pour pouvoir postuler à la présidence de l’Assemblée. Son élection quasi plébiscitaire consacre son retour au premier plan de la scène politique et fait de lui l’une des personnalités institutionnelles les plus puissantes du pays.
Cette élection intervient dans un climat politique tendu, où la nouvelle majorité issue des élections de décembre 2023 cherche à affirmer son équilibre et son leadership. La présidence de l’Assemblée nationale est un poste-clé, crucial pour contrôler l’agenda législatif et jouer un rôle d’arbitre entre les différentes factions politiques.