Médecins Sans Frontières (MSF) a officiellement mis fin à ses activités médicales à Salamabila, dans la province du Maniema, en République Démocratique du Congo, le 31 octobre 2025, après une intervention de sept ans. Bien que l’organisation considère que les objectifs de son projet d’urgence sont atteints, elle lance un appel urgent aux acteurs locaux et aux autorités pour garantir la continuité des soins face à des besoins humanitaires qui restent «immenses» dans cette région enclavée.
L’intervention de MSF, menée en collaboration avec le Ministère de la Santé, a permis d’enregistrer des succès significatifs.
Prise en charge de 16 436 victimes de violences sexuelles.
Le taux de décès maternels a été divisé par vingt entre 2019 et 2024.
Prise en charge de 411 000 cas de malaria (avec une mortalité divisée par deux) et traitement de 26 817 enfants en état de malnutrition aigüe.
113 000 enfants ont été vaccinés contre la rougeole.
« Nous considérons que les objectifs du projet sont atteints aujourd’hui. Après toutes ces années de présence continue, nous devons faire le difficile choix opérationnel en tant qu’organisation d’urgence, de continuer à déployer notre aide médicale là où les besoins sont les plus pressants», explique Issa MOUSSA, Responsable des programmes MSF dans le Maniema.
De plus, MSF laisse derrière elle des infrastructures médicales pérennes :
L’Hôpital de Salamabila a été considérablement développé (réhabilitation des urgences, maternité, création de services de pédiatrie, néonatalité, malnutrition aigüe).
Installation de 136 panneaux solaires pour l’autonomie électrique de l’établissement.
Transfert au Ministère de la Santé d’un bloc opératoire, de maternités, de salles de consultation et de structures d’assainissement dans les huit centres de santé appuyés.
« Avant MSF, Salamabila n’était qu’un petit centre de santé, MSF a presque tout bâti et en a fait le deuxième hôpital de la province », a témoigné le Médecin chef de zone, Charles Bamavu.
Malgré ce bilan positif, l’organisation s’inquiète pour l’avenir de la population.
Le Maniema reste une des provinces les plus marginalisées, n’ayant reçu en 2024 que 2,5 % des fonds alloués par le Fonds Humanitaire de la RDC. Ce manque de financement compromet gravement l’accès aux soins.
La province est l’une des plus enclavées du pays. L’insécurité et l’éloignement des structures de santé limitent l’accès aux soins, une situation aggravée par l’impact du conflit armé et la fermeture de l’aéroport de Bukavu, rendant l’acheminement de l’aide plus complexe et coûteux.
Le retrait de MSF, bien que planifié, a été accéléré. L’organisation maintient néanmoins une surveillance épidémiologique de la zone et une capacité de déploiement rapide en cas d’urgence.
Face à cette situation, MSF lance un appel pressant :
MSF appelle les acteurs locaux et les autorités à garantir l’accès aux soins et à faciliter un accès sûr ainsi que la distribution de l’aide humanitaire dans le Maniema.
L’enjeu est désormais de préserver les acquis sanitaires de ces sept années et d’assurer que les populations vulnérables ne soient pas abandonnées.