La Fédération des entreprises du Congo (FEC) et Trade Mark Africa (TMA) ont signé à Kinshasa le mercredi 15 octobre 2025 un accord de partenariat (PSA) visant à développer la plateforme d’information commerciale numérique de TMA et à renforcer le dialogue sur la plateforme logistique. Ces initiatives permettront aux femmes et aux jeunes commerçants d’accéder à des données en temps réel, créeront un cadre structuré pour le dialogue entre le monde des affaires et les pouvoirs publics, et amélioreront la prévisibilité le long de l’un des corridors commerciaux les plus fréquentés d’Afrique centrale.
Financé par UK International Développement, l’accord, qui court jusqu’en mars 2026, s’appuie sur les enseignements tirés au Burundi, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda, où la plateforme d’information commerciale numérique de TMA donne des résultats mesurables. D’ici mai 2025, la plateforme connectera plus de 95 000 commerçants, dont 90 % de femmes, à des marchés plus vastes, leur permettant d’enregistrer une augmentation annuelle de 70 % de leurs ventes et démontrant un lien clair entre la numérisation et l’inclusion (Making Trade Work for Women in East Africa, rapport d’évaluation 2024).
L’extension de ce modèle au Haut-Katanga permettra aux petits commerçants de prendre de meilleures décisions commerciales, d’étendre leurs réseaux et de commercer en toute confiance à la frontière entre la RDC et la Zambie. Le poste de Kasumbalesa, l’un des passages frontaliers les plus fréquentés d’Afrique, accueille plus de 1 000 camions par jour. Cependant, l’inefficacité des procédures douanières, l’imprévisibilité des coûts et l’accès limité aux informations commerciales continuent d’augmenter le coût des activités commerciales, en particulier pour les femmes et les jeunes entrepreneurs. Le nouveau partenariat s’attaque à ces défis en améliorant le flux de données, la coordination et la communication afin de réduire les coûts commerciaux, de renforcer la confiance dans les systèmes formels et de créer de nouvelles opportunités dans le cadre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECA).
Grâce au dialogue sur la plateforme logistique, les commerçants et les représentants des entreprises pourront dialoguer directement avec les autorités frontalières et les organismes publics afin d’identifier des solutions pratiques aux défis récurrents. S’appuyant sur les données de la plateforme numérique, le dialogue vise à rendre le commerce transfrontalier plus transparent, plus inclusif et plus réactif aux besoins du secteur privé, tout en mettant en place des systèmes durables et efficaces.
Lors de la cérémonie de signature, Robert Malumba, président national de la FEC, a déclaré :
« Pour les entreprises congolaises, des procédures frontalières prévisibles et efficaces ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Cet accord reflète notre engagement à moderniser les pratiques commerciales, à renforcer le rôle des petits commerçants et à positionner les entreprises congolaises de manière à ce qu’elles puissent tirer pleinement parti de la ZLECA. La plateforme numérique et la plateforme logistique serviront de catalyseurs pour un secteur privé plus dynamique et une intégration régionale renforcée. »
Aimé Nzoyihera, directeur national de TMA pour la RDC, a ajouté :
« Grâce à ce partenariat, nous investissons dans des outils qui donnent aux commerçants, en particulier aux femmes et aux jeunes, les informations et la voix dont ils ont besoin pour être compétitifs sur un pied d’égalité. La plateforme numérique et la plateforme logistique Dialogue sont des instruments pratiques qui aident les entrepreneurs à surmonter les coûts imprévisibles, les règles floues et les retards fréquents. En mettant en relation le secteur privé et les autorités publiques, ces plateformes créent de la valeur pour les communautés et jettent les bases d’un commerce régional plus inclusif. »
Les femmes et les jeunes sont les moteurs du commerce transfrontalier à petite échelle en RDC, formant l’épine dorsale des économies locales et des marchés régionaux. Ce projet les place au centre de la transformation numérique en garantissant qu’au moins 50 % des utilisateurs de la plateforme du Haut-Katanga soient des femmes, en soutenant leur transition vers le commerce formel et en leur ouvrant des voies de croissance. Les jeunes entrepreneurs bénéficieront d’un meilleur accès aux marchés et à des formations ciblées, ce qui leur permettra de créer des entreprises durables et de contribuer à un système commercial plus inclusif.
