Kenya : Pas d’élections en 2027 ? Les craintes grandissent quant au projet de Ruto de prolonger son mandat.

Le gouvernement du président William Ruto prépare-t-il discrètement le terrain pour prolonger son mandat au pouvoir au-delà de 2027 ?

C’est la question délicate que se posent désormais de nombreux Kenyans après que Moses Kuria, l’un des principaux conseillers du président Ruto, a déclaré qu’il n’y aurait pas d’élections générales en 2027 et que les prochaines pourraient ne pas avoir lieu avant 2032.

Le conseiller économique principal du président Ruto a déclaré le 30 juin, dans un deuxième message sur X après le premier publié le 26 juin 2025, que le Kenya n’organiserait pas d’élections en 2027.

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Dans son message, Kuria a fait valoir que les défis juridiques auxquels est confrontée la reconstitution de la Commission électorale et des frontières indépendante (IEBC) pourraient rendre impossible la tenue d’élections crédibles en 2027.

« Dans 39 jours, nous entamerons le compte à rebours de 24 mois avant les élections de 2027. Kriegler nous a dit qu’il ne peut y avoir d’élections libres et équitables sans une commission deux ans avant le scrutin. Cette affaire ira jusqu’à la Cour suprême… L’administration actuelle restera au pouvoir en l’absence d’élections », a écrit Kuria.

Il a poursuivi en disant que le chef du parti Wiper, Kalonzo Musyoka, qui a remis en question ses affirmations, connaît la vérité mais ne la dira pas.

« Je ne suis pas avocat. Kalonzo l’est. Il sait qu’il n’y aura pas d’élections en 2027. La seule différence, c’est que je suis honnête et lui, non. »

– L’impasse de l’IEBC soulève des signaux d’alarme –

La déclaration de Kuria intervient à peine deux semaines après que le président Ruto a déclaré qu’il ne céderait pas le pouvoir à une « opposition amère et désorganisée », une remarque qui a fait sourciller et suscité des rumeurs sur les véritables intentions du gouvernement.

L’IEBC, chargée de l’organisation des élections, est actuellement incomplète. Un requérant a déposé une requête contestant le processus de nomination des nouveaux commissaires, ce qui a incité le tribunal à suspendre leur prestation de serment.

C’est un problème sérieux car le rapport Kriegler, rédigé après les élections contestées de 2007 au Kenya, indique clairement que le pays a besoin d’un corps électoral complet deux ans avant une élection pour éviter le chaos.

Le compte à rebours de deux ans jusqu’en août 2027 commence dans un peu plus d’un mois.

Si l’IEBC n’est pas prête, les processus électoraux clés tels que l’inscription des électeurs, les révisions des limites, l’impression des bulletins de vote et les audits techniques pourraient être bloqués, risquant ainsi des retards ou un résultat contesté et dangereux.

– Ce que disent les Kenyans –

Les propos de Kuria ont suscité une vague de réactions sur X, de nombreux Kényans exprimant leur indignation, leur scepticisme et leur défiance. Certains ont perçu ces commentaires comme un avertissement d’échec systémique, et non comme une forme d’apathie publique.

« Si les élections n’ont pas lieu en 2027, ce ne sera pas parce que les Kenyans ont échoué, mais parce qu’un système fondé sur le retard a choisi l’impunité plutôt que la démocratie. » — @PoolbuildersKe

D’autres ont accusé le gouvernement d’avoir délibérément tendu des pièges juridiques pour faire échouer les élections.

« Vous le faites intentionnellement en poussant les affaires judiciaires pour retarder les choses. » — @Owacali.

Il était peu probable que les jeunes, en particulier la génération Z, restent silencieux.

« Vous regretterez qu’il n’y ait pas eu d’élections l’année dernière, quand la génération Z en aura fini avec vous. » — @kamaumwando

« Ruto rentrera chez lui. Même sans élections. » — @gideon_mikaia

Certains ont partagé les inquiétudes de Kuria concernant les obstacles juridiques.

Au lieu de faire pression sur l’IEBC pour qu’elle soit prête, les Kenyans s’opposent à la prestation de serment de ses membres. — @Vincent20189455

D’autres se sont moqués du ton de Kuria.

« Et cette année ? Y en aura-t-il un, Monsieur le Prophète ? » – @joekimmy94

Et quelques-uns mettent simplement leur foi en Dieu.

« Dieu écoute nos prières. Utashangaa. » — @gkyeva

– Les élections de 2027 peuvent-elles être annulées ? –

Alors, peut-on réellement annuler une élection ? Légalement, c’est impossible. La Constitution impose au Kenya d’organiser des élections tous les cinq ans, les prochaines étant prévues pour le 10 août 2027.

Cependant, des inquiétudes grandissent quant au fait que les retards juridiques prolongés autour de la reconstitution de l’IEBC pourraient donner au gouvernement une excuse pour prétendre qu’il n’est pas prêt.

Même si toute tentative de reporter le vote serait probablement confrontée à de sérieux défis juridiques, une telle démarche pourrait déclencher une crise politique majeure.

À l’heure actuelle, les tribunaux doivent encore déterminer si les candidats du président à l’IEBC ont été choisis équitablement. En attendant, la prestation de serment est bloquée et le temps presse.

Si rien ne change dans les semaines à venir, le Kenya pourrait manquer la période de préparation de 24 mois, un élément essentiel selon les experts pour un vote libre et équitable.

Kuria affirme être simplement honnête. Mais honnêteté ou non, ses propos ont ébranlé un pays déjà à fleur de peau. Avec la montée des manifestations et la chute de la confiance dans le gouvernement, toute tentative de retarder ou d’annuler les élections de 2027 pourrait être l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres.

Pour des millions de Kényans, le droit de vote est indiscutable. Et si ce droit leur est retiré, la véritable question devient :

Que se passe-t-il ensuite ?

Capital FM

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