Kamanyola : La honteuse instrumentalisation des enfants dans une mascarade de soutien à l’AFC-M23

C’est une scène d’une tristesse accablante et d’une illégalité flagrante qui s’est déroulée ce vendredi dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu. Sous la menace et la contrainte, le mouvement rebelle AFC-M23 a orchestré une véritable mascarade populaire, n’hésitant pas à sacrifier l’innocence des écoliers pour tenter de légitimer son occupation.

Loin d’un élan populaire spontané, la marche qui a sillonné les artères de la cité, du Rond-point Ngomo jusqu’à l’ancien camp de la MONUSCO, n’était qu’une mise en scène préparée la veille dans les bureaux de la cité. Selon de nombreux témoignages concordants, la population a été sommé de participer sous peine de sévères représailles.

Les slogans chantés à la gloire des rebelles prétendus artisans de la « sécurité » et de la « paix » sonnaient terriblement faux dans la bouche de citoyens pris en otage. Cette stratégie de la peur, déjà observée récemment à Uvira, vise à fabriquer une image de soutien public là où il n’y a que résignation et terreur.

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Le comble de l’indignité a été franchi avec la présence massive d’enfants et d’élèves, encore vêtus de leurs uniformes bleu et blanc. Contraints d’abandonner leurs salles de classe, ces mineurs ont été jetés dans la rue pour servir de décor à une propagande politico-militaire.

Transformer des écoliers en instruments de légitimation pour un groupe armé ne relève pas seulement de l’immoralité politique ; c’est un crime contre l’avenir de la jeunesse congolaise.

Face à cette dérive, les voix de la défense des droits de l’homme s’élèvent avec vigueur. Jean-Chrysostome Kijana, Président national de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) et figure de proue de la coalition Pamoja kwa Amani, n’a pas mâché ses mots.

« L’utilisation des enfants dans des manifestations politiques ou militaires est une violation grave des droits de l’enfant et un acte d’irresponsabilité notoire », a-t-il martelé. Il rappelle que cet acte viole frontalement la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, ainsi que les conventions internationales ratifiées par la RDC.

Pour M. Kijana, le constat est sans appel : « Ce n’est pas par des marches imposées à la population que ce mouvement rebelle peut se faire une légitimité. »

Cette marche forcée à Kamanyola est une preuve supplémentaire du mépris affiché par l’AFC-M23, soutenu par le Rwanda, envers le droit international humanitaire.

En prenant la population civile en otage et en exposant des mineurs, les rebelles franchissent une nouvelle ligne rouge.

La société civile appelle désormais la communauté internationale à sortir de sa torpeur et à tirer les conséquences de ces actes gravissimes. Il est impératif que les auteurs de ces manipulations, qui transforment des écoliers en boucliers de propagande, répondent de leurs actes. La protection de l’enfance ne peut être une variable d’ajustement dans les conflits armés.

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