Commerce régional : la route Sud du corridor central au cœur des réformes et des échanges entre la RDC, la Zambie et la Tanzanie à Lubumbashi

L’atelier régional de haut niveau consacré à la validation et à la diffusion de deux études de faisabilité axées sur la modernisation du commerce transfrontalier réunissant des experts, autorités publiques et partenaires techniques de la République démocratique du Congo, de la Zambie et de la Tanzanie, a été ouvert à Lubumbashi dans le Haut-Katanga, ce mardi 24 mars 2026.

Portée par l’Agence de Facilitation des Transports de Transit du Corridor Central en collaboration avec le gouvernement avec l’appui de  TradeMark Africa,  cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale visant à lever les obstacles au commerce transfrontalier. À travers des partenariats avec les gouvernements, les communautés économiques régionales et le secteur privé, l’organisation œuvre à simplifier les procédures aux frontières, réduire les coûts logistiques et renforcer la transparence dans les échanges commerciaux.

Dans son intervention, Manassé ASSAMA, Responsable de programme, facilitation de commerce et développement du secteur public chez Trade Mark Africa, a rappelé que la route Sud du corridor central constitue un axe vital reliant le port de Dar es Salaam aux principaux centres commerciaux et miniers de la région, en traversant la Tanzanie, la Zambie et la RDC.

Pour ce dernier pays, l’amélioration de ce corridor est jugée essentielle, notamment pour accroître la compétitivité des exportations minières, attirer des investissements et soutenir le développement économique régional.

“Depuis novembre 2025, dans le cadre d’un accord de subvention conclu avec AFTTCC, plusieurs analyses et consultations ont été menées afin d’identifier les réformes nécessaires. Ces travaux ont mis en lumière des défis persistants tels que les paiements en espèces favorisant l’opacité, l’insécurité routière, les vols de cargaisons, la multiplication de postes de contrôle illégaux et le manque de coordination entre les institutions transfrontalières”, a-t-il souligné.

La première concerne une étude de faisabilité sur la réforme du système de transport maritime, axée sur la gestion durable des voies navigables intérieures et l’amélioration du cadre institutionnel. La seconde, au cœur de l’atelier, porte sur le renforcement du commerce et de la sécurité le long de la route Sud, en particulier sur les axes Kasumbalesa et Tunduma. Les études soumises à validation proposent notamment la mise en place d’un système de paiements électroniques (cashless) aux postes frontaliers ainsi que le déploiement de solutions technologiques de surveillance, incluant la vidéosurveillance et le suivi des cargaisons. Ces propositions s’appuient sur des consultations menées auprès des acteurs du corridor, notamment les transporteurs, les services douaniers, les forces de l’ordre et les opérateurs privés.

De son côté, Moïse Mpanga, point focal du Corridor dans le Haut-Katanga a mis en avant les efforts déjà engagés au niveau provincial. Selon lui, déployé des dispositifs de surveillance le long de l’axe reliant Tunduma à Lubumbashi, avec des patrouilles motorisées assurant la sécurité des transporteurs. Ces mesures auraient contribué à une réduction des attaques et des vols de marchandises, notamment de produits miniers comme le cuivre et le cobalt. Il a également souligné l’implication croissante des services publics et la coordination avec les pays voisins, en particulier la Zambie et la Tanzanie, pour sécuriser davantage ce corridor.

La route Sud du corridor central occupe une place stratégique dans l’économie régionale. Elle facilite l’exportation des ressources minières de la RDC vers les marchés internationaux via le port de Dar es Salaam, tout en permettant l’importation de biens manufacturés essentiels.

Son amélioration représente un levier majeur pour réduire les coûts du transport, limiter les pertes liées à l’insécurité et renforcer la compétitivité des économies locales. Au-delà des aspects économiques, ce corridor contribue également à l’intégration régionale, à la fluidité des échanges commerciaux et à la stabilité des zones traversées.

 

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