La réouverture du poste-frontière de Gatumba (Burundi) Kavimvira (RDC) n’est pas pour tout de suite. Les autorités burundaises ont confirmé, ce jeudi, que la frontière restera fermée jusqu’à ce que « toutes les conditions de sécurité soient réunies », dans un contexte marqué par la dégradation persistante de la situation à l’est de la République démocratique du Congo.
S’exprimant lors d’un briefing de presse au siège du ministère des Affaires étrangères à Bujumbura, le ministre Édouard Bizimana a justifié cette décision par des préoccupations sécuritaires croissantes le long de la frontière burundaise, notamment dans la zone de la rivière Rusizi.
« Il y a pas longtemps, nous avons observé un certain mouvement de rebelles burundais qui travaillent toujours avec le M23 et l’armée rwandaise, et qui ont progressé vers la frontière burundaise, du côté de la Rusizi. Nous suivons de près la situation », a déclaré le chef de la diplomatie burundaise.

Selon le ministre, ces mouvements concernent notamment des éléments des groupes Red-Tabara et des FNL de Nzabampema, que Bujumbura accuse d’être alliés au M23 et soutenus par le Rwanda. Une situation que les autorités burundaises considèrent comme une menace directe pour la sécurité nationale.
« Le Burundi n’aura jamais provoqué qui que ce soit. Mais dès qu’il y a une menace sur nos frontières, le Burundi, nos forces armées et nos forces de sécurité se tiennent prêts pour défendre l’intégrité territoriale de notre pays », a insisté Édouard Bizimana.

Interrogé sur les informations faisant état d’un retrait des combattants du M23 et de leurs alliés de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, le ministre burundais s’est montré sceptique.
Contrairement à certaines annonces évoquant un retrait effectif, Bujumbura estime qu’il s’agit plutôt d’un repositionnement tactique.
« Les militaires rwandais, déguisés en rebelles AFC-M23, se sont plutôt dissimulés pour se repositionner. Il ne s’agit pas d’un véritable retrait », a-t-il affirmé devant les diplomates accrédités au Burundi.
La fermeture prolongée du poste-frontière de Gatumba–Kavimvira a des conséquences importantes pour les populations locales, fortement dépendantes des échanges transfrontaliers, ainsi que pour les réfugiés congolais présents au Burundi. Les autorités burundaises affirment toutefois privilégier la sécurité, dans un contexte régional jugé de plus en plus instable.
Le gouvernement burundais assure rester en alerte et suivre l’évolution de la situation sur le terrain, tout en conditionnant toute réouverture de la frontière à une amélioration tangible du climat sécuritaire dans l’est de la RDC.