Une délégation d’activistes de la société civile, venus de Béni, Goma et Masisi, a été reçue samedi 10 janvier à Kinshasa par le ministre de l’Intégration régionale, @FloribertAnzu.
Porteurs de témoignages directs en provenance des zones occupées par la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda, ces représentants sont venus alerter les autorités sur la dégradation continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Issus de territoires meurtris par des violences, ces activistes ont décrit un quotidien dominé par la peur, les déplacements forcés et une précarité extrême. Plusieurs d’entre eux affirment avoir été menacés, voire contraints de fuir leurs localités, pour avoir dénoncé l’occupation de certaines zones par la rébellion du M23 ou pour avoir refusé de se rallier à ce mouvement.
Au cœur des échanges, la situation dans les territoires sous contrôle du M23-AFC a suscité une vive inquiétude. Les militants ont dénoncé l’imposition de taxes qu’ils jugent illégales sur des populations civiles déjà fragilisées. Selon eux, les habitants sont contraints de payer des sommes importantes parfois jusqu’à 45 dollars par personne simplement pour vivre ou se déplacer. Ces prélèvements touchent notamment des familles déplacées, dépourvues de revenus stables.
La délégation a également attiré l’attention du ministre de @Rdc_MIR sur la persistance des attaques attribuées aux rebelles ADF dans le Grand Nord, en particulier dans la région de Béni, ainsi que sur l’insécurité croissante dans certaines zones de l’Ituri, où plusieurs groupes armés continuent d’opérer.
Originaire de l’est du pays et ancien acteur des mouvements citoyens, Floribert Anzuluni s’est montré attentif aux témoignages. Reconnaissant la gravité de la crise, il a appelé à une prise de conscience collective face à ce qu’il a qualifié d’« agression contre la RDC ».
Pour le ministre de l’Intégration régionale, seule une mobilisation citoyenne large et inclusive, dépassant les clivages politiques et régionaux, peut contribuer à rétablir la paix et la stabilité dans les provinces orientales. Des provinces où, rappelle-t-il, les populations civiles demeurent les premières victimes d’un conflit qui s’enlise.