RDC: L’ONU accuse l’armée du Rwanda d’avoir pris part directement à des exactions dans l’est de la RDC

Selon un rapport rédigé par des experts de l’ONU et consulté par l’AFP ce dimanche 7 décembre, le groupe armé M23 et l’armée rwandaise ont commis des exécutions sommaires et provoqué des déplacements massifs de populations dans l’est de la république démocratique du Congo (RDC). Le document, préparé par des chercheurs mandatés par le Conseil de sécurité des Nations unies, doit être publié prochainement. Dans l’Est congolais, région riche en ressources, frontalière du Rwanda et en proie à des conflits depuis plus de trente ans, les violences se sont intensifiées ces derniers mois, notamment avec la prise fin janvier par le M23, appuyé par l’armée rwandaise, de la grande ville de Goma. La RDC et le Rwanda ont entériné jeudi à Washington un accord censé mettre un terme au conflit.

Début août, l’ONU avait accusé le M23 d’avoir tué 319 civils dans la province du Nord-Kivu, des actes principalement commis dans des territoires jouxtant la frontière rwandaise et le parc national des Virunga. Le groupe d’experts de l’ONU affirme que les forces armées rwandaises (RDF) ont directement pris part à ces opérations du M23 visant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé formé d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994 et réfugié en RDC. Le M23 et les soldats rwandais ont commis «des exécutions sommaires, des arrestations et détentions arbitraires», et provoqué «le déplacement massif de populations», selon les experts. Au cours de ces opérations, les soldats rwandais et le M23 «ont systématiquement détruit et incendié des habitations civiles appartenant à des membres des FDLR», ajoutent-ils, évoquant un «ciblage délibéré et systématique» des FDLR «et des civils qui leur sont associés, principalement issus de la communauté hutu».

Selon le rapport, «au moins 6 000 à 7 000 éléments des RDF, constituant au minimum deux brigades et deux bataillons de forces spéciales» sont toujours déployés dans les provinces congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kigali et le M23 ont toujours nié leurs liens. Le groupe d’experts de l’ONU a toutefois déjà pointé le rôle déterminant du Rwanda dans le conflit dans l’est de la RDC et dans la prise de Goma en janvier. Le M23, qui clame sa volonté de renverser le régime du président congolais, Félix Tshisekedi, est par ailleurs le «principal auteur» des violations des droits humains documentées par l’ONU entre avril et octobre en RDC, indique le rapport. Le groupe armé est notamment responsable de 45 % des exécutions sommaires enregistrées dans le pays, et a mené une campagne de «recrutement forcé systématique» dans «toutes les zones» qu’il occupe, expliquent les experts. De son côté, le gouvernement congolais «a continué à coopérer avec le FDLR», après s’être engagé à les neutraliser, comme le prévoit l’accord de Washington, affirme le rapport.

Advertisement

AFP

 

 

Add a comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Advertisement