Une alerte poignante vient d’être lancée par l’Association des Femmes Journalistes Engagées pour la Paix (AFJEP Asbl), face à une crise humanitaire qui prend des proportions alarmantes dans le territoire de Mwenga et à Kamituga.
Depuis janvier 2025, la population locale vit au rythme des violences armées, des déplacements massifs et d’une détérioration brutale des conditions de vie.
Mais les événements du 25 novembre 2025, marqués par des affrontements entre les rebelles AFC/M23, les FARDC et les groupes Wazalendo à Kasika, ont plongé la région dans une catastrophe humanitaire d’une ampleur nouvelle.
Selon les données compilées par l’AFJEP, 11 231 ménages ont été contraints d’abandonner leurs villages Kasika, Kilungutwe, Kangola, Chowe, Kalama, Kalambi, Kibumba, Mwenga-centre pour tenter de survivre dans d’autres localités comme Kigogo, Ilowe, Kadita, Kishungwe, Irangi, Ilibo, Chafunda, Kibungwe, Mizulo, Kitamba, Mbobole et même jusqu’à Kamituga.
Ces familles, majoritairement des femmes, des enfants et des personnes vulnérables, se retrouvent sans abris, sans nourriture, sans eau potable, et surtout sans assistance médicale.
« Les enfants meurent, les femmes enceintes accouchent dans les forêts, les personnes âgées et celles vivant avec handicap survivent sous la pluie, sans soins ni protection », alerte Immaculée Chakupewa Nyamatomwa, Coordinatrice nationale de l’AFJEP Asbl.
Les témoignages recueillis sur terrain et confirmés par plusieurs acteurs locaux — font état de morts, de pillages systématiques, de blessures non prises en charge et d’extorsions.
De nombreuses familles dorment encore dans la brousse, exposées aux intempéries, aux maladies et aux violences.
Les besoins immédiats identifiés sont clairs : Aide alimentaire d’urgence, Accès à l’eau potable, Abris temporaires, Soins médicaux et médicaments, Protection des civils et surtout : restauration de la paix
Dans son message adressé aux organisations humanitaires OCHA, FH, CARITAS, FAO, ACTED, MSF, UNICEF, PAM, Congo Handicap, ICPRD et autres l’AFJEP appelle à une mobilisation immédiate, soulignant l’urgence absolue d’ouvrir un couloir humanitaire pour permettre aux ONG d’accéder aux zones en détresse.
« Mwenga ne peut pas continuer à mourir dans le silence », insiste l’AFJEP, appelant à une réponse multisectorielle rapide.
Au moment où la communauté internationale multiplie les déclarations sur la protection des civils dans les conflits, la situation de Mwenga présente un contraste douloureux : des milliers de vies sont suspendues à l’inaction collective.
La crise qui ravage Mwenga n’est pas seulement une tragédie humanitaire ; elle est une question urgente de dignité, de protection et de justice.