L’affectation du général Olivier Gasita, issu de la communauté Banyamulenge, à la tête de la 33ᵉ région militaire, alimente de vives tensions à Uvira.
Sa présence dans la ville depuis la matinée du lundi a suscité de nombreuses réactions hostiles de la part de certains groupes d’autodéfense dits Wazalendo.
À travers plusieurs audios largement partagés sur les réseaux sociaux, en particulier via WhatsApp, des chefs autoproclamés de ces mouvements ont exigé son départ immédiat et sans condition. Dans leurs messages, ils accusent le haut gradé d’avoir fait partie des officiers qui auraient, selon eux, « comploté » dans la chute de la ville de Bukavu au mois de février dernier.
« Nous avons un seul pays et nous n’accepterons jamais que qui que ce soit vienne faire n’importe quoi chez nous. Uvira ne tombera jamais », a déclaré l’un des généraux autoproclamés dans un message audio diffusé à plusieurs reprises dans des groupes de discussion.
Cette montée de tension a créé un climat de peur dans certains quartiers, notamment à Kavimvira. Dans l’après-midi, plusieurs boutiques, magasins et même certains bureaux administratifs ont fermé leurs portes, les habitants redoutant une éventuelle escalade. Des témoignages recueillis sur place font état de scènes de panique, des familles choisissant de rester à l’intérieur de leurs maisons, craignant des affrontements entre les forces régulières et les groupes armés locaux.
Des organisations de la société civile appellent à la retenue et invitent les autorités à clarifier la situation. « Nous comprenons les inquiétudes de la population, mais il revient aux autorités militaires et provinciales de communiquer de manière officielle afin d’éviter les rumeurs et la psychose collective », a indiqué un acteur de la société civile locale joint par téléphone.
Du côté des autorités provinciales, aucune communication n’a encore été faite ni sur l’arrivée effective du général Gasita, ni sur son éventuel retrait. Certaines sources non officielles affirment toutefois qu’il aurait déjà quitté le sol uvirois dans la soirée, mais l’information reste à confirmer.
Pour rappel, la 33ᵉ région militaire, qui couvre le Sud-Kivu, joue un rôle central dans la sécurisation d’une province longtemps marquée par des tensions intercommunautaires et la présence de plusieurs groupes armés.
La situation reste tendue à Uvira, où la population attend désormais une communication officielle des autorités militaires et provinciales pour mettre fin aux spéculations et apaiser les esprits.