Le lancement officiel des travaux de construction du chemin de fer Uvinza-Musongati, le 16 août 2025 en commune Musongati par le président Evariste Ndayishimiye en compagnie du 1er ministre tanzanien, a suscité enthousiasme et espoirs pour certains et scepticisme pour d’autres. Les économistes relativisent : « Un projet plein d’opportunités, mais exigeant pour sa réussite. »
C’est la colline Rubara de la commune Musongati en province de Burunga qui a eu la chance d’abriter les toutes premières festivités du genre au Burundi depuis son existence. Différents hauts cadres du pays avaient fait le déplacement. Côté tanzanien, la délégation était conduite par Kassim Majaliwa, Premier ministre. Des équipes d’investisseurs venus du Nigeria et du Qatar étaient également là.
A cette occasion, le président Evariste Ndayishimiye a souligné que Musongati est un lieu « béni ». « Cette région regorge du nickel. Selon les experts, il y a ici plus de 200 millions de tonnes du nickel, plus de 1000 tonnes du fer, plusieurs tonnes de platine, etc. Ici, il y a une diversité de minerais. »

Pour le président Ndayishimiye, le début de ces travaux est une preuve des bonnes et anciennes relations fraternelles entre la Tanzanie et le Burundi. « Ce projet de chemin de fer n’était pas facile. Nous avons travaillé jour et nuit. Et voilà, nous arrivons au jour J du début des travaux. »

Pour le président Ndayishimiye, ce chemin de fer constituera un levier majeur pour la réalisation de la Vision d’un Burundi émergent en 2040 et pays développé en 2060. « C’est un projet stratégique pour booster le commerce, l’intégration régionale et le développement durable de l’Afrique de l’Est. »
Il estime que ce chemin de fer permettra l’ouverture du Burundi sur d’autres parties de l’Afrique. Il a d’ailleurs mentionné qu’il va continuer jusqu’à Kindu, en République démocratique du Congo (RDC).
Pour sa part, Kassim Majaliwa a appelé à l’unité africaine. « Tant que les pays africains resteront unis, le développement de tout le continent africain sera à portée de main. Nous espérons que la Tanzanie continuera à soutenir les projets de développement du Burundi. »
Le Secrétaire exécutif de l’Agence de Facilitation du Transport de Transit du Corridor central (CCTTFA)
Flory OKANDJU s’est joint aux dirigeants et partenaires régionaux pour célébrer une étape historique avec la cérémonie d’inauguration des travaux de construction du chemin de fer électrifié à écartement standard (SGR) de 300 km entre Uvinza en Tanzanie et Musongati au Burundi.

Ce projet est financé par la Banque africaine de développement (BAD) avec un investissement de 2,54 milliards de dollars. Ce projet marque une première historique pour le Burundi, car la SGR Uvinza-Musongati sera la toute première ligne ferroviaire du pays, signalant un changement transformateur dans son infrastructure de transport et l’intégration commerciale régionale.
Dans ses remarques, le Secrétaire exécutif du CCTTFA a souligné que le SGR Uvinza-Musongati représente une étape tangible vers la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’avancement des priorités du PIDA dans le cadre du Réseau ferroviaire à grande vitesse intégré africain (AIHSRN).
Il a évoqué le rôle central du corridor central tout au long des étapes préparatoires, qui ont consisté à faciliter les accords tripartites et bilatéraux, à mobiliser des ressources auprès des gouvernements et des partenaires de développement, à coordonner les normes techniques pour l’interopérabilité transfrontalière et à impliquer les parties prenantes pour garantir des avantages inclusifs et une appropriation durable du projet.
Selon les prévisions, le chemin de fer Uvinza-Musongati s’étalera sur une longueur de 282 km entre le nord-est de la Tanzanie et le sud du Burundi. Le tronçon Uvinza-Malagarazi s’étend sur 180 km. De Malagarazi à Musongati, c’est 102 km.
Après, il est prévu une extension sur une distance de 824 km de Gitega-Bujumbura-Uvira-Kindu. Débutée en 2023, son étude de faisabilité se terminera en 2026.